HAMARAH.com

22  03 2009

Comment battre l’Allemagne

3PC, par Olivier EntraiguesÇa fait quand même un an passé ! L’épisode 12 de 3PC, c’était le 15 mars 2008, si j’en crois le sommaire de la série sur le nouveau site. C’est loin.

Je vous dois des excuses, à vous, fidèles lecteurs d’une série à peine assez vieille pour tenir debout toute seule – et déjà croulante. J’aurais pas dû vous laisser tomber comme ça.

Je vais essayer de me rattraper. Mais j’aime autant vous le dire tout de suite : ça va pas être du gâteau !

Si j’ai abandonné 3PC à son sort pendant près d’un an, il y avait des raisons. Vous les trouverez peut-être pas très valables, mais c’est quand même ce qui s’est passé. Et puis, je m’en fous : moi, je sais.

Au départ, 3PC, c’est juste un truc passager, pour rigoler deux minutes. Ayant constaté le nombre de versions des Trois petits cochons qui existent dans les rayons enfants des librairies, je me disais que j’apporterais bien ma pierre à l’encombrement desdits rayons. Mais bon, comme j’avais la chance d’avoir Matthieu [Rialland] sous la main (et fort peu de chance de parvenir à me faire publier par un vrai éditeur qui fait dans le papier et qui distribue aux quatre coins du monde), j’ai accepté de publier ce truc sur HAMARAH.com (ce qui fait qu’à défaut d’avoir le papier, j’ai quand même les quatre coins du monde ! Vous vous rendez compte qu’il y a peut-être un Inuit, quelque part, qui a flashé sur les trois corniauds qui me servent de héros ? Ça fout le vertige…*).

Faut que je vous dise un truc, avant de continuer : j’adore les disgressions. Vous verrez…

J’acceptai, donc, et publiai un Prologue et douze épisodes de ce feuilleton sans respirer ni allumer la PSP ni rien. D’une traite. Comme une lettre à la Poste. C’était beau. C’était bon. Et c’était tout.

Après ça, le vide.

Heureusement, Matthieu a merdé avec les pirates italiens, il a fait la connerie de trouver un vrai boulot (un boulot payé, je veux dire) et il a laissé pousser les mauvaises herbes entre les pavés de l’allée, sur le site. Je n’étais pas le seul à subir une attaque de flemme / de découragement / de surmenage / de PSPite aiguë (rayer les mentions inutiles) : j’étais sauvé !

Manque de bol, Matthieu, c’est Eastwood dans Impitoyable. Non, je dis pas qu’il est impitoyable, je dis juste qu’il est vieux et qu’il a du mal avec ses cochons, alors quand on lui propose de retourner jouer du Colt comme dans sa jeunesse, il est partant. D’ailleurs, je le dis pour les dames, c’est pas vraiment Eastwood. Il est plus jeune, mais il a pas la même classe.

C’est un peu comme moi, remarquez : quand j’étais petit, je voulais être le Marsupilami. Mais j’ai grandi trop vite, alors j’ai oublié. Matthieu, c’est pareil : il a jamais rêvé d’être Eastwood, et il est pas devenu Eastwood. C’est pas de chance, hein ?

Bref, il se trouve que ça a désherbé violent sur HAMARAH.com, ces derniers temps. Ce qui fait que c’est moi qui me retrouve en première ligne. Parce que c’est facile, lui, il a que les Chants (un texte de temps en temps, genre tous les six mois, même qu’il y en qui date d’avant la chute du mur de Berlin, ça doit pas le fatiguer des masses…) et Thunder Bay (trente mots et paf, le Marty, il est tellement fatigué qu’on dirait qu’il dort déjà, même avec un épisode tous les jours il va lui falloir trois ans pour en faire autant qu’un épisode de 3PC !). Tandis que moi, j’ai ce truc à bouger – et c’est du lourd.

Pour tout vous dire (enfin presque), pour l’instant j’ai pas grand chose à vous proposer. Je sais, ça fait bien trois mois que Monsieur l’administrateur du site m’a prévenu, mais c’est compliqué.

Pour tout vous dire (un peu plus en tout cas), j’ai commencé 3PC comme j’en connais d’autres qui sont partis pour Berlin. Pas de fusil, un PC, pas d’uniforme, une combinaison de plongée (j’adore passer mes journées chez moi, au coin du feu, habillé de tout ce néoprène tellement seyant), mais le résultat fut le même : les tranchées, la boue, et l’impression que j’en avais pour longtemps à me faire ch… Ma femme n’aime pas que je laisse pousser ma barbe, sinon je vous assure que j’aurais poussé le réalisme plus loin. Mais les poux non plus, elle a pas voulu.

Résultat des courses : 3PC, c’est pas du gâteau (bis).

C’est une erreur classique que de commencer une chose en pensant qu’elle prendra qu’un petit moment. Mais il y a des petits moments qui sont plus longs que d’autres. J’y connais rien en physique et tout ça, mais je crois que ça s’appelle la relativité. Comment vous expliquer ça ? Disons que vous êtes un son : vous voyagez vite, mais pas trop. Maintenant, supposez que vous êtes une lumière : vous voyagez vachement plus vite. Vous voyez ? Et il paraît que voyager plus vite qu’une lumière, ça crée un paradoxe temporel. (Mais ça, c’est des conneries : y avait pas le TGV au temps de Newton, et même un mec qui est pas une lumière comme moi voyage plus vite maintenant qu’une lumière comme lui à son époque. C’est le progrès technique qui veut ça…) Donc, ça explique qu’un clip de Madonna va beaucoup plus vite qu’un disque de Christophe Maé : dans le clip il y a de la lumière. Mais tout est relatif.

Petit aparté pour les anxieux : je sais, je vous ai traité de lumière. Mais il y avait « supposez » devant. Ça veut dire qu’on fait semblant, que c’est pour de faux, que c’est comme les impôts qui baissent et tout ça. Je sais bien que vous êtes pas une lumière. Me faites pas de procès.

Je disais donc, 3PC devait me prendre juste un moment, avant que je me remette à des choses plus sérieuses. Juste le temps d’écrire une petite parodie des Trois petits cochons, et hop ! Pas de plan, pas de résumé, pas de notes pour préparer le truc : à fond dedans et le ciel t’aidera.

Douze épisodes et un prologue plus tard, c’était la panne. Dommage pour moi, dommage pour vous.

Remarquez, il y a peut-être un truc numérologique, là-dedans. L’épisode suivant, c’était le 13e. Le 13 ! Moi je dis, j’ai jamais eu de bol. Et ça se vérifie. J’ai la poisse, même quand j’écris un truc. C’est vraiment pas de chance.

Voilà où on en est, donc : prologue et douze épisodes publiés, et puis plus rien.

Et un boulot monstre pour faire redémarrer ce machin, au sens Gaullien du terme – une usine à gaz. Parce que, avant d’en écrire une ligne, il faut relire tout ça, prendre des notes, lister ceci et cela, tirer les fils, démêler le bazar et tout mettre à plat. Par exemple, vous savez, vous, comment ça se présente pour Romulus Lemming ? Qu’est-ce qu’il a fait, où il est, où il va, qu’est-ce qu’il veut ? Si oui, vous avez de la chance. Sinon, on est dans le même cas. Sauf que vous, vous avez juste à lire le tuc quand c’est prêt. Et en plus, vous êtes vachement exigeants.

Bon, d’accord, j’ai jamais reçu de lettre enflammée d’un lecteur énervé que 3PC ne se poursuive pas. Mais j’imagine très bien comment ça serait, si je m’appelais Dan Brown. Des lettres comme ça, j’en aurais plein. Et ça m’énerverait vraiment. Mais j’aurais honte, quand même, alors je pourrais pas répondre vraiment ce que je pense. Remarquez, rien que d’être Dan Brown, j’aurais déjà la honte. (Mais bon, je veux bien avoir honte, un peu, si on me donne son compte en banque…)

J’en tire donc la conclusion que, vu vos lettres enflammées que j’ai pas reçues, il faut que je poursuive 3PC. (Je vous remercie, d’ailleurs, car sinon je n’aurais jamais eu vraiment conscience de l’intérêt que vous portez à ce feuilleton…)

Bref, il faut remettre ça en route. C’est certain.

La question, c’est donc : comment le faire ? Vite fait sur le gaz ou bien… Ou bien vachement compliqué, vachement long, avec des mobylettes dedans ?

En faisant au plus court, j’ai juste trois épisodes à écrire, finalement : 1) le loup explose la maison en paille, 2) le loup explose la maison en bois, 3) le loup se fait exploser par le troisième petit cochon. Finito. The end. Rentre chez ta mère, sale bête !

Ben tiens, ça me fait penser que finalement, 3PC c’est comme Titanic : on sait tous comment ça va finir, mais on se demande quand même comment ça va finir et on achète plein de popcorn pour se taper trois heures de spectacle vachement suspensoïdal. C’est comme la présidence à Kastoipovkon, aussi, quand tu y penses : y a quelqu’un qui croit que ça va bien finir dans cette salle ? Ou comme l’hiver, aussi : y a toujours le printemps qui arrive à la fin, quand tous les méchants bonhommes de neige sont morts dans la fusillade avec les gentils rayons de soleil. Ou comme la lessive, aussi : c’est propre et ça sent bon à la fin même si tu crains pendant deux heures que la machine tombe en morceaux à force de faire des bruits bizarres. Ou comme la journée, aussi : la nuit arrive finalement.

Mais trois épisodes, ça serait peut-être un peu rapide… Je me suis pas cassé le fondement à vous développer tout ça sur les douze premiers pour vous bâcler la fin histoire de me débarrasser ! En vérité, je vous le dis, 3PC mérite mieux que ça. (C’est quand même la première fois de toute ma vie entière que j’écris un truc aussi long. Remarque, c’est peut-être pour ça que c’est dur, va savoir… Alors, avant de retourner à des trucs courts et même pas finis, je crois que je vais me donner encore un peu de mal.)

Si je compte bien, euh… Eh ben, en fait, ça doit faire dans les quarante épisodes à écrire.

Quarante ! Il est fou, lui !

Bon, c’est pas si terrible. Calculons : il a fallu quinze mois pour en publier douze (plus le prologue, quand même, et c’était pas rien). Donc, ce qui nous fait 15 divisé par 13, soit 1,15 mois par épisode. En admettant que le 13e épisode sorte maintenant, on repart pour 13 épisodes tous les 15 mois (dites-le moi, si je me trompe). Etc. Bref, si j’ai encore 40 épisodes à sortir du chapeau, ça fait 40 fois 1,15, soit 46,15. Vous voyez, c’est pas si terrible : dans 46,15 mois, on a fini.

Et voilà donc le fin mot de l’histoire, le climax tant attendu : humble et vêtu d’une simple robe de bure pour faire plus sincère (car le patron qui vient de toucher ses stock-options vient au bureau avec la Golf cabriolet de madame, pas avec sa propre Aston Martin), l’auteur s’avance sous les yeux de tous, y compris ceux des caméras, pose la main droite sur le dernier numéro du Wall Street Journal et jure, à haute et intelligible voix (mais il y a tellement de micros que même avec une trachéotomie on l’entendrait jusqu’aux anneaux de Vénus) : le dernier épisode du feuilleton 3PC sera publié sur HAMARAH.com en mai 2013 (à peu près). Puis il s’en va, le coeur léger, en faisant des moulinets avec sa canne dans le soleil couchant.

Bon, il y a quand même des trucs écrits en tout petits caractères en bas du contrat (je suis pas fou, moi). Juste un exemple : toute cause externe devant entraîner la fin du site (par exemple, si Matthieu recommence à faire des misères à la marine italienne) serait indépendante de ma volonté. Moi, je lui ai bien dit de rester à l’écart de ces gens-là. L’Italien peut paraître légèrement ridicule et carrément casse-bonbon (un peu comme un Marseillais qui aurait perdu le contrôle, quoi), mais c’est un être fier et implacable. Vercingétorix et Zidane peuvent en témoigner. Vaut mieux y aller mollo, avec ces gars-là. La meilleure tactique, c’est de leur mettre les Allemands en demies. Comme ça, les Teutons cassent les Ritals et y a plus qu’à taper les Teutons. Facile. Mais si les Allemands sont trop forts ? Ah. Dans ces cas-là, faut agir en trois temps : 1) tu leur envoies les Tchèques ou les Polonais pour les appâter, 2) tu leur mets les Russes pour les fatiguer, et 3) tu leur envoies les Américains. Comme ça, un jour, les Yankees auront la chance d’aller sur la Lune, et nous on aura le Sécu. C’est imparable. Et au bout du compte, c’est nous qu’on gagne. Ben oui : tu as vu ce que ça vaut, les Américains sur un terrain de foot ?

Bon. Je commence à avoir faim, moi. Je crois que je vais arrêter là.

Vu que tout ça m’a pris vachement longtemps à écrire, je vais demander à Matthieu de le compter comme un épisode. Comme ça j’en ai 13 de publiés et tout le monde est content. D’accord ?

Une autre fois, j’essaierai de trouver un moment pour vous parler de 3PC.

Allez, bonjour chez vous et à bientôt sur le site.

(* Si on admet qu’il existe un Inuit parlant français dans tout le Nunavut… Et pourquoi pas ? On a vu des trucs plus dingues, par exemple un fils de mère célibataire, noir et portant un second prénom de détenteur d’armes de destruction massive qui n’existent pas mais elles auraient pu exister alors tu la fermes ou je t’envoie le FBI et la CIA et Schwartzy avec la Chevauchée des Walkyries en fond sonore, élu président des Etats unis dans la certitude que Darwin est la pire chose qui nous soit jamais arrivée et McDo la meilleure.)


1 commentaire sur “Comment battre l’Allemagne”

  1. Merci, Olivier. Merci de nous faire risquer une nouvelle interruption de service…
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    A NOS AMIS PIRATES (italiens, allemands, américains, russes, polonais, tchèques, inuits et de toute autre nationalité) :
    OPG Orage Prod Gang, ses collaborateurs, leurs familles et leurs voisins de palier déclinent toute responsabilité dans les propos de l’auteur de ce post, qui en reste le seul et unique responsable. Ecrivez-moi pour obtenir son adresse IP, mais, de grâce, laissez vivre HAMARAH.com !
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    A NOS AMIS FOOTBALLEURS (italiens, allemands, américains, russes, polonais, tchèques, inuits et de toute autre nationalité) :
    OPG Orage Prod Gang, ses collaborateurs, leurs familles et leurs voisins de palier déclinent toute responsabilité dans les propos de l’auteur de ce post, qui en reste le seul et unique responsable. Cependant, il faut avouer que les Italiens n’auraient jamais dû gagner quatre coupes du monde. En 1938, arbitrage à la maison. En 1982, les Bleus gagnaient si Schumacher n’avaient pas ignominieusement tenté de décapiter Battiston (mais on reconnaîtra un manque certain de précision dans le tir de celui-ci, qui avec un peu plus de MALchance aurait pu marquer le premier but posthume de l’histoire de l’épreuve). Et en 2006, tout était de la faute de Materazzi. Si on retire ces trois-là, il n’en reste qu’une (et trois pour nous, eh !). Finalement, je rejoins Olivier en ce qui concerne les ailes de papillon.
    Et en ce qui concerne les Polonais, les Tchèques, les Russes et les Américains, désolé les gars, mais il faudra en gagner une avant de s’asseoir à la table des grands…
    Et vous, amis inuits, je vous conseille le hockey sur glace. A moins que vous ayez les moyens de construire un igloo assez grand pour accueillir un terrain de foot…

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