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11  05 2009

Ils votent nos lois

Assemblée nationaleInstructif : alors que le vote sur la loi HADOPI se déroule ces temps-ci à l’Assemblée et au Sénat, Bakchich.tv a réalisé une petite enquête micro parmi nos députés, à découvrir en vidéo ci-dessous. Le moins qu’on puisse dire, c’est que ce n’est pas brillant.

Je veux bien que nos députés ne soient pas calés en toutes choses, c’est un boulot difficile et très pointu. Mais alors même que cette loi est dans l’actualité et suscite un débat des plus virulents, la moindre des choses serait de savoir de quoi on parle. De plus, définir le peer-to-peer n’est pas bien compliqué (même quand on veut parler exclusivement français, mon bon monsieur qui prend le spectateur pour une truffe…).

Pour ma part, je reste persuadé qu’un élu agit en accord avec sa conscience et en connaissance de cause. Cette vidéo nous montre que ce n’est pas le cas de tout le monde, dans l’hémicycle.

J’adore l’assurance de certains, quand ils débitent des sottises grosses comme les royalties de Calogero (vous savez, celui qui n’accorde de valeur qu’à l’amitié, selon son dernier tube).

Et j’en connais un qui va se faire couper l’accès au web, quand la loi sera passée…

Je n’aime pas du tout dénigrer les institutions républicaines et démocratiques dans les bras desquelles nous vivons en France. Mais en l’espèce, j’ai malgré moi l’impression qu’il y a des gens, élus par le peuple, qui se moquent de nous. Merci de ne pas les réélire.

Je vous rappelle que la loi HADOPI n’est pas seulement un outil destiné à lutter contre le piratage de produits culturels et à protéger les bénéficiaires des droits d’auteurs liés à ces produits – ce qui ne me gêne pas, tant qu’il ne s’agit pas davantage de protéger les éditeurs que les artistes, ni davantage les quelques gros vendeurs que les milliers de petits.

C’est également, beaucoup plus largement, une remise en cause des libertés dans notre pays.

Enfin, c’est une mauvaise solution pour un vrai problème, qui ne disparaîtra pas par le simple effet de ce texte.

Plus d’infos : voir le site de La Quadrature du Net.

Et merci à Fitzcairn, chez qui j’ai découvert cette vidéo.

13 commentaires sur “Ils votent nos lois”

  1. hehe merci pour le lien et pour ta note sympathique concernant mon blog dans tes liens ;)

  2. Juste une remarque : c’est une sélection, donc une vision partielle de la réalité. Je suppose que les autres députés savent sur quoi ils votent (je suis une optimiste, moi…).
    Merci quand même.
    Yves Cochet a l’air un peu plus sérieux que les autres, dans cette vidéo (mais un peu brouillon, quand même).

  3. De rien, Fitzcairn. Autant donner les bonnes adresses à ceux qui ne les connaissent pas…

  4. Je rejoins Matthieu – et Babayaga. Manque de chance, ce sont bien des ignorants et des personnages légèrement désagréables ou ridicules qui se sont laissés interviewer. Pas de bol pour eux – ni pour nous.

  5. Ce qui est remarquable, c’est le degré de fascination que semblent exercer les micros et les caméras sur ces bons parlementaires. Même incapables de répondre, ils ne peuvent s’empêcher de se mettre minables. Mais je rejoins Babayaga : on aurait pu obtenir le résultat contraire en ne gardant que ceux qui ont su répondre…

  6. N’empêche que, compétents ou non, les députés ont adopté cette loi HADOPI si décriée. Comme une lettre à la poste. Tout le monde au garde-à-vous dans un camp comme dans l’autre, et hop ! Terminé. Au suivant.

  7. On peut s’en plaindre, mais c’est quand même le principe : les députés sont élus sur une liste, et ils sont censés ensuite rester solidaires de cette liste. Si chacun votait de son côté, ça serait le bazar là-dedans…

  8. @ Rob :
    Pourquoi le bazar ? Il me semble que ça les inciterait à prendre leurs responsabilités individuellement, ce qui est mieux que de les voir se réfugier derrière les consignes de vote de leurs chefs, point barre. Et comme ça, les gouvernements seraient un peu moins sûrs de nous infliger des lois qu’on ne veut pas.

  9. C’est peut-être simplement un problème d’échelle.
    Si on devait élire un député de notre rue, connaissant chacun et pouvant lui poser des questions, débattre avec lui directement et en chair et en os, il serait facile de choisir celui qui nous correspond le mieux, et de l’obliger (le mandater) à voter comme nous voterions nous-mêmes.
    Mais nous sommes 60 millions, en France, et nous n’avont pas 600 000 députés. Il faut donc élire des gens plus éloignés de nous. Et pour faire notre choix, nous devons nous appuyer sur le discours global que nous proposent les partis, regroupant des candidats un peu partout.
    Le principe est celui-là. Certes, on peut préférer le premier système, mais c’est ingérable dès qu’on dépasse la taille d’une petite ville.

  10. Matthieu, je crois qu’il y a quand même d’autres manière de faire, même avec 60 millions de pékins dans le bush. Si nos députés nous rendaient des comptes au lieu de tout devoir à leur parti, ça serait certainement différent !

  11. S’ils rendaient des comptes à qui, Mandan ? A leurs électeurs pris individuellement ? A leur circonscription ?
    Si c’est de leur circonscription géographique qu’on parle, un autre problème se pose : est-ce le rôle des parlementaires de défendre les intérêts locaux contre ceux de l’ensemble du pays ? Pour ma part, j’en doute.

  12. Evidemment, c’est la faiblesse de ce système. Si les députés sont trop proches de leurs électeurs, ils auront tendance à défendre les intérêts de ceux-ci – ne serait-ce que pour se faire réélire…

  13. Matthieu : pourquoi CONTRE ceux de l’ensemble du pays ? La moindre des choses, c’est que les gens qu’on élit soient un minimum intelligents…

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