HAMARAH.com

16  04 2009

Bernard et le doberman

Le Petit PoucetComme promis par ailleurs, voici la republication du Petit poucet sur « l’histoire du doberman », que je titrerai Bernard et le doberman. Ci-dessous, je vous invite à relire le texte produit précédemment, à reprendre éventuellement la règle du jeu, et à poster en commentaire la suite que vous souhaitez donner à ce récit…

Publiez vos phrases suivantes et mots imposés en commentaires à cette page. Je ferai de temps en temps le ménage en intégrant les nouvelles phrases au texte global et en supprimant les commentaires devenus inutiles.

Je vous republie ci-dessous le « Comment jouer » de la version originale :

HAMARAH.com vous présente Le petit Poucet, un nouveau jeu de création littéraire.

Voici le principe du jeu : l’aministrateur propose une phrase de départ et demande à un des abonnés d’écrire la phrase qui poursuit le récit. Mais, pour corser l’exercice, il impose d’utiliser un mot dans cette phrase. Un des abonnés se porte volontaire et écrit la seconde phrase, ainsi qu’un mot qui devra obligatoirement figurer dans la troisième. Un des abonnés se porte alors volontaire, écrit la troisième phrase et impose un mot qui devra se trouver dans la phrase suivante. Et ainsi de suite…

Exemple :
Phrase 1, par Administrateur – Le marin, qui se trouvait en haut du mât du Titanic, ne voyait rien. (Mot imposé : iceberg)
Phrase 2, par Gérard49 – Pourtant, à cette époque de l’année, on croisait sans cesse des icebergs dans cette région de l’Atlantique nord. (Mot imposé : jumelles)
Phrase 3, par Norbert66 – Inquiet, le marin leva regretta de ne pas avoir de ses jumelles pour regarder une fois encore.
Etc.

Notes :
- un même participant ne peur pas écrire deux phrases successives ;
- le mot imposé peut être adapté (féminin au lieu de masculin, pluriel au lieu de singulier par exemple) ;
- l’auteur de la phrase suivante est le premier membre qui se porte volontaire (et qui, si possible, n’a pas encore participé) contributeur qui poste un commentaire.

Note sur l’affaire des jumelles de la vigie du Titanic : Mandan nous a fait remarquer que le marin en vigie du Titanic lors de la collision avec l’iceberg n’en avait pas. Cest confirmé et j’ai légèrement modifié l’exemple ci-dessus.

Et voici le texte auquel nous étions arrivés avant que le site ne périclite :

Dès que Bernard mit la main sur la poignée du portail, le chien se mit à aboyer. La bête, un gros doberman, était un os imprévu dans son plan d’attaque. Car cette fois, fallait vraiment pas se rater, il avait trop de casseroles au cul… Tout ça pour une femme qui n’apprécierait même pas son geste, il en était certain.

Il fallait qu’il trouve une ruse pour s’engager plus loin dans la propriété. Heureusement, il allait pouvoir mettre en oeuvre son art du camouflage et de l’infiltration acquis durant toutes ses années passées aux services secrets.

Premier objectif à atteindre : endormir la méfiance du molosse. Ses yeux se posèrent sur la borne électrique à côté du portail. Mais ses yeux avaient été trop lents, le molosse lui chopa le mollet : apparemment, il avait décidé de ne plus le lâcher…

La bête devait peser dans les quarante kilos, tout en muscles et en crocs, et le sang de Bernard qui lui inondait la gueule avait la belle couleur d’un coulis de fraise premier choix.

« Beurk! Quelle infection! » s’exclama-t-il, » on dirait du mou de veau et c’est bien dégueu ! »

Il n’avait pas vu une telle boucherie depuis le Vietnam ; dans quel pétrin s’était il fourré : cette fois-ci, il en était certain, cette mission serait la dernière. Faisant appel à une vieille technique de combat, qui veut qu’un adversaire surpris est un adversaire à demi désarmé, Bernard tendit l’index de sa main droite et l’enfonça directement dans l’oeil gauche du chien.

C’est à ce moment précis qu’une sensation de froid intense envahit tout son corps ; un malaise vertigineux brouilla sa vue : allait-il défaillir ?

Le doigt planté dans l’oeil du chien, fouillant à la recherche du nerf optique comme il aurait plongé le bras dans un tiroir de sa commode en quête d’une paire de chaussettes, Bernard eut juste le temps de se demander si le KGB n’avait pas trouvé le moyen de piéger un bête doberman. Cela lui rappelait les séances de torture qu’il avait subies, menotté au radiateur pendant des heures ; c’est alors qu’il s’aperçut que le chien était enfin mort !

Débarrassé d’un obstacle de taille, Bernard, dont la jambe le faisait terriblement souffrir, s’engagea dans la longue allée gravillonnée, avec pour objectif d’atteindre la porte d’entrée de la vaste demeure dans laquelle il lui fallait maintenant pénétrer sans se faire repérer. Boîtant bas, il avait peur de tomber maintenant sur un autre genre de signal d’alarme, genre piège à loups ou barbelés électrifiés. Ce serait le moment de trouver un « trou de hobbit » et de s’y glisser : il serait sauvé et le monde morbide dans lequel tout le monde plongeait le serait aussi, sauvé ; sauvé le lecteur condamné à lire toutes ces horreurs alors que le printemps s’annonçait avec les fragrances du jasmin et de l’aubépine (un peu de poésie dans ce monde d’espions et d’obsessions morbides..), alors que les vacances se profilaient et qu’on pourrait enfin se replonger dans les oeuvres complètes de Sainte Thérèse (qui rit quand…) de l’Enfant Jésus ; sauvé aussi ce récit dont les épisodes s’engluaient dans la sanie et la violence gratuites, Rambo et OSS 117 réunis… Mais, bien qu’incisive, cette soudaine attaque de conscience ne pouvait détourner Bernard de son but.

Il devait à présent pénétrer dans la base, où mille dangers le guettaient, et où, malgré le repérage très pointilleux qu’il avait fait, il risquait de se faire surprendre.

A peine s’était-il mis en quête de la porte de la maison que surgit, vrombissant, un engin volant de la taille d’un chat : un drone. L’aéronef se dirigeait droit vers bernard alors qu’il arrivait près de la maison; il accéléra l’allure, tant bien que mal, losqu’un bruit énorme retentit: l’engin venait de se crasher contre le mur de l’habitation.

Eh bien, pensa Bernard en réprimant un cri d’effroi, il faut croire que c’est pas plus au point qu’en 72, leurs machins ! A l’époque, même le Vietcong en rigolait. Bon Dieu, y a rien de mieux qu’une tête et une paire de… bras, en temps de guerre.

Bernard s’approcha des débris de l’appareil et, en y regardant de plus près, il aperçut une pochette fuschia, demeurée intacte; un dossier comportant un message et des photos y était glissé. Il s’empara du dossier, espérant y trouver quelque information utile pour sa mission.

Mais, au même instant, le bruit d’un ramdam de tous les diables lui parvint de l’arrière de la maison. Puis, tout habillés de sombre et le visage noirci au charbon, une douzaine de commandos portant palmes et bouteilles, armés de harpons à air comprimé, firent irruption dans l’allée.

Remettant à plus tard l’examen du dossier découvert dans les débris du drone, Bernard s’empressa de monter dans les branches de l’arbre le plus proche, tout en priant pour que les hommes-grenouilles n’aient pas eu le temps de l’apercevoir.

Apparemment, il n’était plus seul sur le coup; tout en mangeant des cerises de l’arbre dans lequel il était réfugié, Bernard observait la scène qui se déroulait en bas : les hommes-grenouilles venaient d’enfoncer la porte d’entrée de la villa. Les cerises étaient bonnes, mais l’accueil fait aux commandos par les occupants de la base camouflée en villa de vacances beaucoup moins : après un échange de coups de feu nourri, il en vit ressortir deux hommes-grenouilles portant un homme inanimé.

D’où il était perché, Bernard pouvait voir tous les environs, et le fourgon qui approchait de la villa par la rue n’annonçait rien de bon : à l’avant, de grandes lettres bleues épelaient le mot POLICE.

Restait à décider ce qu’il allait faire maintenant : poursuivre, avec des chances de succès désormais dérisoires, ou se retirer en bon ordre pour attendre une meilleure occasion ? Bernard choisit la solution la plus simple et la plus facile à mettre en oeuvre : attendre et voir.

Revenant à l’homme inanimé, Bernard vit les deux hommes-grenouille s’arrêter sous son arbre, le poser sur le sol et se mettre à parlementer de manière légèrement agressive. Rapidement, la discussion dégénéra et les deux soldats en vinrent aux poings, sans savoir qu’au-dessus d’eux Bernard comptait les points en silence. Mais, avec le barouf qu’ils faisaient, il aurait tout aussi bien pu les compter à haute voix…

Puis les gardiens de la paix descendus du car de police s’en mêlèrent…

Aux poings ou au fusil-mitrailleur, qui pourrait bien avoir le dessus, entre deux hommes-grenouilles et une demi-douzaine de simple flics ? se demanda Bernard. Quoique l’un des gardiens de la paix était une vraie armoire… Et un autre avait un anneau dans le nez, style taureau (mais hélas pour lui pas vraiment le physique de la bête)…

Un instant plus tard, les six flics et les deux militaires se faisaient face, nerveusement, au bord de l’explosion. Pour faire passer son propre stress, Bernard enfourna alors la poignée de cerises de trop.

- Hmmm, dit un des deux commandos, ça sent la poule, ici.

- Plutôt le poulet, dit l’autre en fronçant le museau sous son masque.

- Parce que tu as regardé sous la queue pour savoir si c’est des mâles ? répliqua le premier à pleine voix.

Le flic à tronche de taureau sembla soudain s’animer, plongeant la main vers l’étui de son pistolet de service, quelque part sous la bouée de son ventre à bière. Mais, avant qu’il ait eu le temps de sortir son pétard, comme ses collègues d’ailleurs, les deux commandos pointent déjà le viseur laser de leurs fusils sur sa poitrine. Vu la tête des flics, Bernard aurait juré qu’ils allaient cracher sans délai leur dernier jambon-beurre, dans le genre lama malade : ils étaient littéralement écoeurés par la tournure des événements… Les agents, d’un seul mouvement, levèrent les mains vers la lune en s’écriant : “tirez pas, on se rend.”

Coincé dans son arbre, pendant ce temps, Bernard avait terminé les cerises à sa portée – et il avait encore la dalle. Mais les furieux qui campaient sous son arbre tardaient à lever le camp.

La suite tardait à venir – à savoir que ces messieurs daignent lever le camp et lui permettre enfin de descendre de son arbre. De ce côté-là, il n’y avait rien de nouveau, mais du côté de sa vessie, ça commençait à lui causer un léger souci…

Heureusement, ces gars-là n’étaient pas des poètes : plutôt que de palabrer pendant des heures, les commandos désarmèrent les flics, puis les obligèrent à s’allonger sur le sol, ce qu’ils firent d’assez mauvaise grâce. Bernard pouvait imaginer la sueur froide coulant dans le dos des six flics, à l’idée que les deux hommes grenouilles allaient peut-être simplement leur mettre une balle dans la nuque, et basta.

Vraiment, il en avait assez de rester coincé dans son arbre – mais, l’un dans l’autre, ça aurait pu être pire : il aurait pu pleuvoir, par exemple, alors qu’il n’avait pas emmené son parapluie… A l’inverse, il aurait aussi pu dormir, mais il n’avait pas emmené son oreiller non plus.

Et cependant, à l’est, une lumière croissante annonçait déjà le lever du jour. Bernard aurait parié un baril de harengs fumés que les hommes-grenouilles n’avaient pas envie qu’on les aperçoive, à la lumière du jour, à cet endroit et en train de faire ce qu’ils faisaient. Donc, que ce soit à coups de flingue ou à coups de marteau, ils allaient devoir régler le problème – et vite !

Ma parole, pensa Bernard, ils ne vont quand même pas les liquider froidement avant de mettre les bouts ! Au pire, ils auraient pu mettre les flics en cage, ou les envoyer en exil en Mongolie Extérieure, mais les tuer ?

Et perché dans son arbre, Bernard n’en pouvait plus des cerises et de son envie de pisser : il rêvait de grignoter des cacahuètes sur la terrasse et de prendre une bonne douche fraîche avant d’aller se coucher. Mais ça aurait pu être pire : il aurait pu tomber une grosse pluie bien grasse et le tonnerre gronder (au pire, le cerisier aurait pu se faire foudroyer). Qu’est-ce que les hommes-grenouilles allaient faire des flics, les trimbaler loin d’ici et laisser à Bernard l’occasion de descendre de son arbre et de rentrer chez lui ?

Pour l’instant, la mission de Bernard tournait au fiasco : chien, poules (ou poulets selon l’angle de vision), grenouilles; un vrai zoo cette opération, il allait devenir chèvre ça c’est sur, mais il n’avait pas à rougir il était encore en vie et en vérité il venait d’avoir une idée…

Du haut de son cerisier, il venait de repérer une fenêtre ouverte au premier étage de la maison. La question qui se posait maintenant était la suivante : la fenêtre était-elle assez proche pour qu’il puisse sauter de son arbre directement dans la maison ? Vu la forme qu’il tenait après des heures passées dans son arbre (c’est à dire l’équivalent de celle d’une palourde en hibernation), Bernard doutait d’en être vraiment capable. Mais, comme un taureau qui voit rouge, il sentait qu’un bon coup d’adrénaline pourrait lui permettre de bondir jusqu’à la fenêtre.

Pendant ce temps, sous le cerisier, le ton de la scène entre les flics devenait quelque peu houleux. Il en profita pour agir : rassemblant toutes ses forces, il se propulsa en direction de la fenêtre mais son pied fit violemment claquer le volet. Il se rétablit de justesse, parvenant à basculer à l’intérieur de la maison, mais le bruit de castagnette amplifiée du choc contre le volet attira évidemment l’attention des hommes-grenouilles. Pas de parlotte inutile chez les commandos : ils levèrent leurs fusils-mitrailleurs et arrosèrent aussitôt la façade, réveillant tout le quartier. Une balle manqua d’un poil, que dis-je, d’un cheveu la tête de Bernard, mais celui-ci était déjà à l’abri derrière le mur, blotti contre un gros radiateur en fonte.

Les derniers participants étaient Olivier Entraigues, El Duardo, Ursus, Pas Mieux, Calibre, Rob, Bulle, Pilgrim, Mandan et Bruce Lee. Mot exigé : accordéon. A qui le tour ?

Les différents auteurs de ce récit-jeu sont jusqu’ici les suivants (dans l’ordre alphabétique) : Arc-en-ciel, Bagheera, bigudenita, blondel karine, Bruce Lee, Bulle, Calibre, Donald Duck, El Duardo, estelle, karine, Mandan, Olivier Entraigues, Pas Mieux, Pilgrim, Rob, Ursus, Yves et Matthieu Rialland (aussi connu sous le pseudonyme « Administrateur »).

NB – Les commentaires contenant vos propositions sont supprimés lorsque vos phrases sont insérées dans le texte principal.


2 commentaires sur “Bernard et le doberman”

  1. Pas grand monde dans le coin, en ce moment, on dirait… C’est l’effet fin juin, chaleur estival et bain de pied à la piscine du quartier ?
    Ma phrase :
    A présent entré dans la maison, Bernard pouvait maintenant entendre le son mélodieux d’un accordéon musette, venant d’il ne savait où.
    Mot suivant : perdu.

  2. Ouais, tout le monde part en weekend et Matthieu se retrouve tout seul… Remarque, le rythme des publications a un peu baissé, là. Il s’est trouvé une piscine ?
    Ma phrase :
    Mais comme il était un peu perdu, après toutes ces émotions, il était tout à fait possible que cette musique vienne de l’intérieur de sa tête.
    Mot suivant : branle-bas.

Postez un commentaire

Veuillez utiliser votre propre signature. Pour plus d'information, consultez la page Signatures. Merci.

« | »