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Archives pour la catégorie » Chants

La série Chants de Matthieu Rialland vous propose une quarantaine de textes. Ces monologues indépendants les uns des autres nous donnent à regarder une portion du monde, un morceau du temps, par les yeux d’un personnage différent à chaque fois. Emouvant, révoltant, tragique, dérisoire, amusant, merveilleux, c’est selon…

Frontières de sable

Il y avait l’océan, et il y avait ces hautes dunes qui font le monde plus grand. Dans le ciel un nuage et sur les vagues l’écume, un blanc avenir s’était comme arrêté là. Et dans les soubresauts du vol d’un oiseau de mer, je pouvais voir plus loin.

Des rouleaux verts et gris labouraient l’océan, terre de longue peine et de solitude.

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Sur la longue route

J’ai cheminé sur la longue route des dragons, des elfes, des fées – je n’y ai croisé aucun homme. Des chevaux ailés m’ont ignoré, battant des ailes au fond d’une prairie, faisant l’amour. Une licorne de cristal m’a dit comment le monstre en moi me changerait en loup.

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L’Ecume d’un songe

L’écume d’un songe : ces longs cheveux noirs, qui coulaient comme de l’eau et comme un poison, qui coulaient sur sa robe blanche, sur ses épaules dorées, qui me cachaient sa nuque et souvent son visage. Ces cheveux saisis par mon poing, ma main sur l’oreiller, l’autre pinçant sa hanche, nos nuits, nos jours et nos mots d’amour.

Ne demeure bientôt plus que l’écume du songe.

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Le Bossu

J’ai vu partout la même étincelle dans les yeux des hommes. Ils contemplaient la femme qu’ils aimaient, chacun, et un feu les brûlait. Cela m’a rempli d’une joie simple et tranquille. C’était jadis, quand le monde était jeune.

Depuis, les hommes ont changé.

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Grande mon amertume

J’ai mis la main de ma mère dans la main de mon père. Je leur ai dit : faites la paix, oubliez vos querelles. Mais ils se sont battus comme des chiens.

J’ai voyagé avec la mort. Vêtue de voiles, de brumes et de peines, la dame m’a séduit. J’ai glissé, glissé…

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Un petit homme

De petites victoires en petites défaites, de petits abandons en petits coups de sang, j’ai fait ma vie petite et bien rangée, bien dans le fil du temps, bien assez bonne pour ne point trop en souffrir avant qu’il ne soit trop tard.

Mais à présent, il est trop tard. Une petite vie s’achève. Un petit homme se meurt.

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Léviathan le Batailleur

Les loups avaient senti qu’approchait la tempête. Ils se terrèrent au fond des bois, ils rejoignirent les ours, dans des trous tout contre la terre. Le Capitaine des Vents était venu chasser dans le royaume du Nord…

Il n’y eut qu’une troupe d’hommes, et leurs chevaux, et leurs grands chiens féroces, pour rester immobiles sur la plaine, pour recevoir la parole du puissant seigneur. L’effroi se voyait dans leurs yeux, ils grelottaient, leurs bêtes étaient nerveuses et cherchaient à s’enfuir, mais ils avaient la foi.

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Le Chariot

Si je savais seulement où ce chariot m’emmène ! Ses chevaux sont d’argile, son cocher monstrueux prend dans ses quatre mains les miennes et les rênes. Où allons-nous ainsi ?

Cette route est semblable à celle qui s’enroule dans ma tête. Traversant la forêt immense, des ombres nous regardent, cachées derrière les arbres. Des fourrés montent des cris de douleur, des clameurs rouges. Le galop fou de nos chevaux changés en cuivre effraie gnomes et loups. Sur ce char je m’en vais vers ma mort, vers ma nouvelle vie. Le rire dément du cocher résonne contre les troncs, nous revient changé en flèches. Il se joue des cahots ; je me joue des peines des hommes.

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